Le 3 septembre 2026, le gouvernement a publié le bilan d'un an du plan « Osez l'IA » : l'adoption de l'IA par les entreprises françaises a triplé en deux ans, portée par plus de 35 000 entreprises sensibilisées. Un chiffre confirmé par l'Insee, qui mesure une adoption passée de 6 % en 2023 à 18 % en 2025. Mais la ministre chargée du Numérique, Anne Le Hénanff, a elle-même posé la limite de cet exercice : il faut désormais « passer de la sensibilisation à l'action ». C'est précisément l'écart que doit combler une formation IA par métier, à l'opposé d'une session de découverte générique.
En résumé
- L'adoption de l'IA par les entreprises françaises a triplé en deux ans, de 6 % en 2023 à 18 % en 2025 (Insee, juillet 2026).
- Le plan « Osez l'IA » a sensibilisé plus de 35 000 entreprises via 615 ambassadeurs, mais vise désormais « l'action » plutôt que la seule découverte.
- L'écart entre secteurs reste large : 59 % d'adoption dans l'information-communication contre 17 % dans l'industrie manufacturière, 13 % dans le commerce et 10 % dans la construction.
- Depuis le 2 août 2026, l'AI Act impose des obligations de transparence et un devoir de littératie IA pour les collaborateurs qui utilisent ces systèmes.
- L'objectif gouvernemental 2030 est de 80 % d'adoption chez les PME, contre 15 à 31 % aujourd'hui selon leur taille.
- La sensibilisation fait connaître l'IA ; seule une formation par métier, sur des cas d'usage concrets, transforme cette connaissance en pratique quotidienne.
Osez l'IA : un an de sensibilisation, un bilan réel
Un an après son lancement, le plan national « Osez l'IA » affiche des résultats concrets. Plus de 35 000 entreprises ont été sensibilisées grâce à 615 ambassadeurs IA déployés dans 20 régions et 13 secteurs économiques, selon le bilan publié par le ministère de l'Économie le 3 septembre 2026. Le dispositif a aussi permis de référencer 88 solutions IA pour les PME et ETI, de réaliser 70 diagnostics et de compiler 54 cas d'usage sur la plateforme « Accélérer avec l'IA ».
La nouvelle étape annoncée est claire : 1 000 diagnostics IA supplémentaires, de nouveaux programmes « Accélérateurs IA », et un objectif 2030 fixé à 100 % d'adoption dans les grandes entreprises, 80 % dans les PME et 50 % dans les micro-entreprises. Anne Le Hénanff résume l'enjeu ainsi : toucher « les entreprises qui pensent encore que l'IA n'est pas pour elles ».
Ce bilan confirme une dynamique déjà visible dans les chiffres officiels. Selon l'Insee, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'IA en 2025, contre 6 % en 2023 : l'adoption a bien triplé, exactement comme l'affirme le gouvernement.
Pourquoi la sensibilisation ne suffit plus sans formation IA
Une session de sensibilisation répond à une seule question : « qu'est-ce que l'IA peut faire ? ». Elle ne répond pas à la question qui compte pour un dirigeant ou un DRH : « qu'est-ce que mes équipes doivent faire différemment lundi matin ? ». C'est cet écart que la ministre elle-même reconnaît en appelant à « passer de la sensibilisation à l'action ».
Les chiffres de l'Insee le confirment par la taille d'entreprise : les entreprises de 250 salariés ou plus affichent 58 % d'adoption, contre 31 % pour celles de 50 à 249 salariés et seulement 15 % pour les 10 à 49 salariés. Plus une entreprise est petite, moins elle a les moyens internes de transformer une prise de conscience en usage réel : elle a besoin d'un accompagnement structuré, pas d'une simple présentation.
La Banque de France arrive à un constat proche dans une étude publiée le 28 mai 2026 : la France affiche un taux d'adoption de 23 %, contre 39 % en moyenne dans la zone euro, un écart qui se creuse particulièrement chez les grandes entreprises. Le frein identifié n'est pas prioritairement un manque de compétences techniques, mais des freins de confiance et d'usage : les équipes ne savent pas par où commencer dans leur propre métier.
C'est exactement ce que corrige une formation IA structurée en entreprise : partir des tâches réelles d'un service plutôt que d'un panorama général des outils disponibles.
Ce qui bloque, secteur par secteur
Les chiffres de l'Insee dessinent une carte précise des priorités. Voici les taux d'adoption de l'IA par secteur d'activité en France en 2025.
| Secteur d'activité | Taux d'adoption 2025 | Enjeu prioritaire |
|---|---|---|
| Information-communication | 59 % | Consolider et gouverner des usages déjà installés |
| Activités spécialisées, scientifiques, techniques | 33 % | Structurer un usage encore individuel |
| Industrie manufacturière | 17 % | Identifier des cas d'usage métier concrets (maintenance, qualité, production) |
| Commerce | 13 % | Former sur les usages relation client et gestion des stocks |
| Construction | 10 % | Partir de cas d'usage terrain plutôt que du poste administratif |
| Transports et entreposage | 9 % | Amorcer par la planification et le suivi logistique |
Source : Insee Première n°2120, publié le 21 juillet 2026.
Ce retard français n'est pas une fatalité sectorielle. À l'international, l'indice Ramp AI Index montre que la finance et l'assurance affichent déjà 73 % d'adoption de l'IA payante, et l'industrie manufacturière 60 %, un taux qui a quasiment doublé en un an, selon des données rapportées le 6 septembre 2026. L'écart entre la France et ces trajectoires internationales n'est donc pas un plafond structurel : c'est un potentiel de rattrapage, à condition de sortir de la seule sensibilisation.
Ce diagnostic se vérifie sur le terrain, y compris chez des publics déjà convaincus. Lors d'une session récente que j'animais avec une vingtaine de cadres dirigeants d'entreprises publiques et privées, j'ai demandé au groupe d'auto-évaluer son niveau d'usage réel de l'IA au travail.
Retour de terrain
« Quel est votre niveau d'utilisation de l'IA au travail ? » (sondage Upnov IA auprès d'une vingtaine de cadres dirigeants, session 2026).
usage ponctuel
usage tous les jours
plusieurs outils au quotidien
automatisation, workflow, agent
Le résultat résume à lui seul tout l'enjeu de cet article : 67 % de ces cadres dirigeants utilisent déjà l'IA au quotidien, parfois avec plusieurs outils. Mais aucun, 0 %, n'avait encore mis en place une automatisation, un workflow ou un agent IA dans son activité. Une salle entière de décideurs convaincus et actifs, sans un seul cas d'usage opérationnel abouti : c'est très exactement l'écart entre sensibilisation et action que pointe le bilan du plan Osez l'IA.
Ce qu'une formation par métier change concrètement
Une formation par métier ne remplace pas la sensibilisation, elle la prolonge. Elle part des tâches réelles d'un service plutôt que d'un panorama général des outils IA disponibles sur le marché.
En pratique, la démarche suit une logique en cinq étapes :
- Cartographier les usages informels déjà en place dans chaque service, souvent invisibles pour la direction.
- Choisir deux ou trois cas d'usage prioritaires par métier, plutôt qu'un programme générique valable pour tous.
- Former sur ces cas concrets, avec les outils réellement déployés dans l'entreprise, pas des démonstrations génériques.
- Mesurer l'usage réel après la formation, pas seulement le taux de présence en salle.
- Désigner un référent IA par service pour ancrer la pratique dans la durée, au-delà de la session elle-même.
J'ai encore en tête l'exemple d'un participant d'ENGIE, croisé lors d'une de nos sessions. Il avait suivi, quelques mois plus tôt, une formation IA chez un autre organisme : une succession de tutoriels sur les outils, à la manière de vidéos YouTube enchaînées, sans jamais vraiment aborder le pourquoi ni le cas d'usage métier derrière chaque fonctionnalité. À l'issue de cette première formation, rien n'avait changé dans son travail au quotidien.
Avec Upnov IA, la session s'est construite autour de cas concrets et de retours terrain plutôt que de démonstrations d'outils. Avant même la fin du programme, ce même participant avait déjà mis en place un premier processus d'automatisation de tâches dans son activité, quelque chose que des mois de tutoriels chez le précédent organisme n'avaient pas produit. La différence ne tenait pas à la qualité des outils présentés, mais au fait de partir de son métier plutôt que du logiciel.
Cette logique rejoint celle du plan Osez l'IA lui-même, qui passe d'une sensibilisation large à des diagnostics et des accélérateurs plus ciblés. La différence est que l'échelle d'une entreprise permet d'aller beaucoup plus loin dans le sur-mesure qu'un dispositif national ne peut le faire pour 35 000 structures à la fois. Pour construire cette démarche pas à pas, notre guide complet pour organiser une formation IA en entreprise détaille les huit étapes, du cadrage des objectifs à la mesure des résultats.
Le calendrier qui pousse à agir maintenant
Deux calendriers se superposent et rendent 2026 particulièrement propice pour basculer de la sensibilisation à la formation opérationnelle.
Le premier est réglementaire. Depuis le 2 août 2026, l'AI Act impose des obligations de transparence aux systèmes IA qui interagissent avec des personnes physiques, ainsi qu'un marquage des contenus synthétiques, selon Blog du Modérateur. Le règlement européen prévoit également un devoir de littératie IA pour les collaborateurs qui utilisent ces systèmes : la formation devient un sujet de conformité, pas seulement de performance. Notre article sur les obligations de formation IA introduites par l'AI Act détaille ce que cela implique concrètement pour une entreprise française.
Le second calendrier est celui du plan Osez l'IA : l'objectif 2030 de 80 % d'adoption chez les PME suppose de multiplier par cinq le taux actuel des entreprises de 10 à 49 salariés, aujourd'hui à 15 %. Ce rythme ne se tient pas avec des sessions de découverte ponctuelles : il suppose une formation continue, ancrée métier par métier, sur plusieurs années.
Ce qu'il faut décider maintenant
Le bilan d'Osez l'IA n'est pas une bonne nouvelle à applaudir de loin : c'est un signal que la fenêtre de la simple sensibilisation se referme. Les entreprises qui ont profité des ambassadeurs IA régionaux pour découvrir le sujet doivent maintenant choisir entre deux trajectoires : rester sur cette prise de conscience initiale, ou investir dans une formation par métier qui transforme réellement les pratiques de leurs équipes. Dans les secteurs où l'adoption reste sous les 20 %, comme l'industrie, le commerce ou la construction, ce choix se fera dans les deux prochaines années, pas dans les dix.
Sources & ressources
- Un an du plan « Osez l'IA » : bilan et nouvelle étape, ministère de l'Économie, 3 septembre 2026.
- Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025, Insee Première n° 2120, 21 juillet 2026.
- An AI Adoption Gap Among French Firms?, Banque de France, 28 mai 2026.
- IA Act : ce qui change le 2 août 2026, Blog du Modérateur, 29 juillet 2026.
- U.S. Businesses Expand Paid AI Adoption to Record Levels in 2026, Benzinga, citant l'indice Ramp AI Index, 6 septembre 2026.


